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Janvier 2011 : le titre mondial des Bleus et l'élan dans les clubs amateurs

Histoire · · Publié le 2026-11-04

Photo noir et blanc d'un match de handball féminin en plein air en 1961 : une joueuse tire au but devant un public nombreux
Avant les salles, le handball se jouait souvent dehors, sur terre battue : un match féminin en 1961. Photo : Danilo Škofič, Wikimedia Commons, domaine public.

Pour les clubs de handball, janvier est d'ordinaire un mois de reprise : on rattrape les matchs reportés, on fait le point à mi-saison, on accueille quelques nouveaux venus. En janvier 2011, le mois a pris une autre couleur. Pendant trois semaines, le championnat du monde masculin disputé en Suède a occupé les écrans, et l'équipe de France l'a conclu par un nouveau titre. Retour sur cette compétition et sur ce qu'un tel succès produit, loin des grandes salles, dans les gymnases de quartier.

Un Mondial en Suède

Le 22e championnat du monde masculin de handball s'est tenu en Suède du 13 au 30 janvier 2011. Vingt-quatre équipes y participaient, réparties en poules dans plusieurs villes du pays, avant un tour principal puis une phase finale. La France arrivait en tenante du titre, après ses victoires au Mondial 2009 en Croatie et aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, puis à l'Euro 2010 en Autriche. Rarement une équipe s'était présentée avec un statut aussi lourd.

Le parcours n'a pourtant pas été une promenade. Un match nul face à l'Espagne en première phase a rappelé que la domination française n'avait rien d'automatique. Les Bleus ont ensuite franchi le tour principal, battu la Suède, pays hôte, en demi-finale, puis retrouvé le Danemark en finale, le 30 janvier, à Malmö.

Une finale au bout de la prolongation

La finale a tenu ses promesses. Accrochés jusqu'au bout par des Danois très solides, les Français ont dû passer par la prolongation avant de s'imposer 37 à 35. C'était le quatrième titre mondial de l'équipe de France masculine, après 1995, 2001 et 2009, et le premier doublé consécutif de son histoire au championnat du monde. Il faisait des Bleus les détenteurs simultanés des titres olympique, mondial et européen, une situation exceptionnelle dans les sports collectifs.

Le groupe réuni par Claude Onesta s'appuyait sur une génération restée dans les mémoires, avec notamment Nikola Karabatic, élu meilleur joueur de nombreuses compétitions, et le gardien Thierry Omeyer. Leurs noms ont été pendant des années les premiers que citaient les enfants arrivant à l'école de handball.

Ce que les titres changent dans les clubs

Les dirigeants de clubs le constatent à chaque grande compétition réussie : dans les jours qui suivent une finale télévisée, les demandes d'essai se multiplient. Le phénomène est connu de la fédération, qui a vu le nombre de ses licenciés progresser fortement au fil des années de succès des équipes nationales, au point de faire du handball l'un des sports collectifs les plus pratiqués en France. Il ne faut pas en exagérer la mécanique : la croissance tient aussi au travail de fond des clubs, à la présence du handball à l'école et à la féminisation de la pratique. Mais l'effet de vitrine est réel.

Pour un club amateur, cet afflux est à la fois une chance et un défi. Accueillir quinze enfants de plus en février suppose des créneaux de gymnase, des encadrants et des ballons supplémentaires, alors que la saison est déjà lancée. Les clubs qui en profitent le mieux sont souvent ceux qui avaient anticipé : séances découverte déjà prévues, licences à tarif réduit pour la fin de saison, parents mobilisés pour encadrer.

Ce que les enfants retiennent d'un grand match

Un éducateur d'école de handball le constate dans les semaines qui suivent une compétition télévisée : les gestes changent. Les enfants tentent des roucoulettes, des tirs en appui sur un pied, des parades de gardien vues la veille. Plutôt que de freiner cet enthousiasme, beaucoup d'entraîneurs s'en servent comme point de départ d'une séance : revoir une action marquante, la décomposer, puis la rejouer à la mesure de l'âge des joueurs. C'est aussi l'occasion de parler des valeurs du jeu collectif, du respect de l'arbitre et de l'adversaire, à partir d'images que tout le monde a en tête.

Un sport d'abord joué en plein air

Il est facile d'oublier que le handball n'a pas toujours été un sport de salle. Dans la première moitié du XXe siècle, la forme dominante était le handball à onze, joué sur des terrains de football. Le handball à sept, pratiqué en salle, s'est imposé progressivement après la Seconde Guerre mondiale, et l'on a longtemps joué sur des terrains extérieurs, en terre battue ou en bitume, faute de gymnases. La photo d'archives qui illustre cet article, un match féminin disputé en plein air en 1961, rappelle ce temps où les tribunes étaient des talus et où la pluie pouvait décider d'un résultat.

En Normandie comme ailleurs, la construction de gymnases dans les années 1960 et 1970 a accompagné l'essor du handball scolaire, puis celui des clubs. Beaucoup d'associations sont nées à cette époque, souvent au sein d'amicales laïques ou de clubs omnisports, autour d'un professeur d'éducation physique ou d'un groupe d'anciens élèves.

Repères

DateÉvénement
13 janvier 2011Ouverture du championnat du monde masculin en Suède.
28 janvier 2011Demi-finales : la France élimine la Suède.
30 janvier 2011Finale à Malmö : France 37, Danemark 35, après prolongation.
2015 et 2017Nouveaux titres mondiaux, le second à domicile, à Paris.

À retenir : janvier 2011 a offert à la France son quatrième titre mondial masculin et un statut de triple tenant du titre. Pour les clubs amateurs, ces victoires se traduisent surtout par des enfants qui frappent à la porte : mieux vaut s'y préparer.

Sources

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